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04103

Les habitants actuels de la rue du Docteur Pierchon seront bien étonnés de voir la photo de leur rue (1963).
Aucune maison n'est transformée. Il n'y a pas de voitures ! Seul Maurice Nollet (père de M. Raymond Mahieu)
marchand ambulant de légumes, qui habitait au 62, rue de la Gare, passe avec  sa voiture tirée par un petit
cheval du nom de Fidèle (Le 1er petit cheval mulet s'appelait Roméo).
(Photo n° 04103) 
 
Le Bon Docteur Edouard Pierchon...
  

Edouard Pierchon est né à Saint-Hilaire-sur-Helpe (Nord)  le 19 mars 1845, il décède à Halluin le 2 septembre 1920. Il repose, avec son épouse et ses trois enfants, dans la sépulture familiale de la famille Pierchon-Robaut située au cimetière d’Halluin, allée A4. Le caveau est surmonté d’un grand monument de granit, où se trouve sur la croix une grande gerbe de bronze avec l’inscription : « La population d’Halluin au Docteur Pierchon reconnaissante ».

 

En 1877, le Docteur Edouard Pierchon s’installe à Halluin pour y exercer sa profession. C’était un homme fort et puissant, il effectuait toutes ses visites en calèche, tirée par un bon vieux cheval.

Il a trente-deux ans. Très vite il prend conscience de la misère qui règne dans la population ouvrière. La ville détient le record de la mortalité infantile : un enfant sur deux meurt avant l’âge de sept ans.

 

C’était lui qui criait qu’Halluin était le cimetière des enfants, des articles et des photos des tombes des jeunes enfants parurent dans les journaux parisiens et même dans la presse étrangère, mais il ne fut pas exaucé ; n’oublions pas qu’à l’époque il n’y avait pas de sécurité sociale, donc peu de moyens de payer un docteur.

 

Alors il crée la consultation des nourrissons.

Il fut aussi le médecin du Bureau de Bienfaisance, des hospices et des écoles.

Sa générosité lui faisait « oublier » de réclamer ses honoraires.

Souvent aussi, il glissait discrètement sous la soucoupe, la pièce de monnaie qui aiderait les familles les plus démunies.

 

Il mourut brutalement en pleine consultation en 1920. 

Le maire de l’époque Gustave Desmettre résumait ce que pensaient tous les Halluinois : « Nous perdons un ami ».

Une rue de la ville a été dénommée en reconnaissance de ce médecin « au grand cœur ».

 

D’hier et d’aujourd’hui : la rue du Docteur Pierchon.


Au début des années 60, des courées, des rues étroites, composent de nombreux quartiers d'Halluin. Autant de rues qui ont évolué plus ou moins différemment. L'exemple d'une belle requalification : la rue du docteur Pierchon.

 

Souvent construites au 19e siècle, les maisons de ces rues étaient adossées aux usines ou proches des bâtiments industriels où travaillaient de nombreux ouvriers. Sur le cliché ancien de la rue du docteur Pierchon qui date de 1963 et que l'on doit à Dominique Vermander (dans le cadre d'une étude sur Menin-Halluin), il est 3 heures de l'après-midi, la rue est déserte. Coïncidence heureuse, un marchand ambulant passe, l'âne tirant la charrette.  La rue présentait déjà une largeur de 7 mètres.
Les trottoirs, en mauvais état, mesuraient moins de 1 mètre. Et les maisons n'avaient pas d'étage.

 

Aujourd'hui, la rue du docteur Pierchon n'a plus la même physionomie même si les maisons sont restées les mêmes mais considérablement aménagées. La voirie a été entièrement refaite et les voitures abondent. Seul point commun : l'étroitesse des trottoirs qui rappelle celle d'hier. Et la population ouvrière d'hier a été remplacée par des familles au niveau de vie supérieur.

 

27/8/2010.

 

Sur les traces halluinoises...

 du Docteur Pierchon.

 

A l'occasion du 90e anniversaire du décès du docteur Pierchon, ses descendants se sont réunis et ont organisé un hommage auquel s'est associée la municipalité. L'occasion de découvrir les lieux marquants de sa vie.

 

Augustin-Édouard Pierchon naît le 19 mars 1845 à Saint-Hilaire-sur-Helpe (Nord). Ce fils d'épicier perd son père très jeune. Sa mère part s'établir auprès d'un oncle prêtre qui veillera sur l'éducation de son neveu. Augustin-Édouard fait des études secondaires au collège de Tourcoing avant d'intégrer l'école préparatoire de médecine à Lille.

 

Cette école devient faculté de l'État à la rentrée 1876. Diplômé en 1877, Augustin-Édouard se marie le 18 septembre et s'installe avec son épouse 82 rue de Lille à Halluin dans une maison aujourd'hui disparue.

 

Désintéressement
 

A sa mort d'un infarctus le 2 septembre 1920, survenue en pleine consultation, il laisse le souvenir d'un homme pieux et dévoué à ses semblables. Chaque matin, il participait à la messe à l'église Saint-Hilaire. Il effectuait sa tournée des malades, juché sur le siège de son cabriolet hippomobile.


Préoccupé par l'effrayante mortalité infantile qui régnait alors à Halluin, avec un pic de 721 pour mille en 1898, il a promu sur la commune La Goutte de lait et s'est investi dans la consultation des nourrissons.

Attentif à apporter ses soins à tous, non content de refuser de faire payer des honoraires aux familles indigentes, il trouvait moyen de laisser discrètement une pièce sur la table ou de leur envoyer des secours. Bonhomie, compétence et désintéressement sont les mots qui reviennent sur toutes les lèvres pour faire son éloge.

En 1929, le syndicat d'initiative qui vient de se créer émet le voeu qu'une rue porte le nom du « bon docteur Pierchon », afin de perpétuer sa mémoire. Ce voeu sera exaucé par délibération municipale du 6 avril 1940, qui rebaptisera de ce nom la rue Paul-Lafargue.

 

Le docteur André Louf (Président de l’Association « A la recherche du passé d’Halluin)  a effectué un exposé au profit des descendants de la famille qui avaient pu faire le déplacement. Au nombre d'entre eux, Marie-Paule, petite-fille du bon docteur et, à ce titre, mémoire de la famille, même si son grand-père est décédé avant sa naissance.

 

La famille a effectué dans la ville un pèlerinage pour retrouver les lieux marquants de la vie de son illustre ancêtre : l'emplacement de sa maison, l'église qu'il fréquentait assidûment, la tombe familiale, la ruelle Saint-Jean, typique de l'habitat ouvrier de son époque.

 

Le périple s'est achevé en mairie ou un arrière petit-fils, Michel Pierchon, a offert au maire des documents sur son bisaïeul. De son côté, le maire a remis à la famille une copie de la thèse de doctorat soutenue par le docteur. À noter que si aucun de ses onze enfants n'est devenu médecin, d'autres descendants ont suivi cette voie.

 

15/9/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse