:

Ent. Sion

00751

61 employés ets Ets Sion, reçoivent la médaille du travail.

(photo n° 751)

05762

Ets Sion, une ouvrière devant son métier. 

(photo n° 5762)

00757

Ets Sion, atelier de teinturerie, en 1930,

une nouvelle machine allemande. Sur cette photo : Achille Grimonpont.

(photo n° 757)

00744

Occupation de l'usine Sion en 1935. Quelques noms sur cette photo :

Jeanne Deleu,Emma Dejaeghère,Agnès Lepoutre,Emilienne Dewailly,Agnès Debaele,Hélène Berthem,Jeanne Libeert,Zulma Vercruysse,

Gabrielle Vervaeke,Irène Vandevoghel,Henri Verminck,Auguste Bouba. 

(photo n° 744)

00745
Les piqûrières de l'usine SION, rue Pasteur dans
les années 30. Elles étaient 250 à travailler dans
un immense atelier comme en novembre 1919, après
la remise en état de l'usine dès la fin du conflit.
       ( photo no 745 )
03492
Ets SION (?) : sortie
d'usine de Mme Madeleine
VERVAECKE. (photo no 3492 )
05413
Ets SION, rue pasteur : un départ en retaite avec Mesdames
Dina DEVOS, Marie BOUCKAERT, Marie-Louise DELTOUR,
Agnés DEBAELE, Germaine GADENNE.
                              ( photo no 5413 )

00741

Un atelier d'ourdissage chez Sion, rue Pasteur Halluin, vers 1935.
 Au centre Claire Danset, médaillée. Elle est entourée de Marie-Jeanne Vanderdonte,
 Ginette Demerlier,  Jeanine Debrauwer, Lucette Vanbelle, Germaine Gadeyne, Dina Devos,
 Agnès Debaele, Marguerite Danset, Marguerite Vantomme, Marie Brouckaert,
 Jeanne Verschaeve, Zulma Vercruysse, Jeanne Deleu, Jeanne Libert, Madeleine Vervaeke.
(Photo n° 741) 
 
Les Grèves Halluinoises... Principales Dates.
 
 
Au début du XXème siècle, à Halluin, les grèves se succèdent.
 
On en a compté 177 entre 1919 et 1935. On retient surtout la grève générale du textile en octobre 1903, survenant à la fin d'une année très mouvementée.
 
La grève de la toile dure d'octobre 1909 à mars 1910, puis la grève chez Lepoutre dure d'octobre 1910 et toute l'année 1911.
 
Le conflit à l'usine Sion de mars à juin 1928 et la grève des "dix sous" en septembre 1928 jusqu'en avril 1929.
 
16/2/2011.
Commentaire : Daniel Delafosse
 

JM 0018

Ets Sion, tissage, 16 rue Pasteur Halluin,
 dans les années 30 :  Bobineuses.
(photo jm 018)
Les anciens tissages halluinois Defretin, Demeestère et Sion  font place désormais à un important ensemble immobilier. C’est l’histoire de ces trois grandes usines textiles, qui ont marqué la vie industrielle locale, durant plusieurs décennies, que vous pouvez découvrir ou vous souvenir grâce aux archives de l’Association Halluinoise « A la recherche du passé d’Halluin ». 

 

Le Tissage Sion à Halluin…

 Historique 1867 – 1979.

 

Aussi, en cette année 2011, il y a exactement 32 ans, le tissage Sion fermait définitivement ses portes en 1979. Cette usine de tissage, à l’époque située rue Pasteur, était également l’une des plus importantes d’Halluin.

 

Voici l’historique de cette industrie halluinoise racontée dans l’ouvrage « Halluin, Images d’Autrefois » Tomes 1 et 2, édités par l’association « A la recherche du passé d’Halluin ».

 
Communément appelé « Usine Sion » par les halluinois, cet important tissage de draperie a employé, pendant près d’un siècle, 1.500 ouvriers et employés : hommes, femmes et enfants.

 

L’origine de cette entreprise est tourquennoise. En 1867, M. Sion crée une usine de tissage de coton. L’usine d’Halluin a vu le jour en plusieurs étapes. C’est vers 1885 que Paul Sion décide fonder la Société Sion Frères à Halluin.

 

Dirigé par Paul et Jules Sion et encadré par le personnel venant de l’usine de Tourcoing, ce tissage fabrique de la doublure et de la draperie simple. Il s’installe rue de la Procession (actuelle rue Pasteur), les bâtiments longent la route de Neuville et le jardin public.

 

Monsieur Paul Sion est également secondé par ses fils Robert et Gabriel et plus tard par ses petits-fils. Un important personnel  d’encadrement assure la bonne marche du tissage : directeurs, contremaîtres, contredames, chefs d’atelier, la plupart issus de l’entreprise.

 

En effet on entre à l’usine à 13 ans, mais assez souvent à 12 ans. On y commence comme apprenti. Grâce à la compétence et à la formation prodiguées par les anciens, et à quelques cours du soir pour certains, on apprend peu à peu le métier choisi et on accède aux responsabilités d’un atelier : la forge, l’entretien, l’apprêt, la teinturerie, la conception des nouveautés… On y reste habituellement jusqu’à la retraite. Comme dans beaucoup d’entreprises de cette époque, des familles entières s’y succèdent : père, mère, frères et sœurs, cousins…    

 

Un deuxième tissage, ajouté vers 1907, fabrique les mêmes articles, auxquels s’ajoute le tissu en serge. Peu après 1907, un troisième tissage appelé « Maroc » et une retorderie se lancent dans la draperie fantaisie, en plus des productions classiques de l’usine.

 

Vers 1912, l’apprêt des tissus de doublure nécessite beaucoup d’eau. On creuse un  forage de 225 mètres de profondeur, qui assure un débit de 60 m3 à l’heure ! (De plus, ce forage alimente la ville en eau).

 

Plus de 5.000 broches de retorderie, des bobinoirs, des grands ateliers d’ourdissage et de canetage, alimentent 800 métiers à tisser. Epluchage, piqûrage et finition terminent cette fabrication de draperies de grande qualité.

 

Mais la première guerre mondiale arrête pendant quatre ans toute cette activité. En trois mois d’occupation la plus grande partie des machines est détruite. En 1918, la teinturerie, l’apprêt, le retordage et tout le tissage sont hors d’usage.

 

Grâce aux dommages de guerre et à l’aide du gouvernement, 250 métiers à tisser fonctionnent le 1er septembre 1919. En juin 1920, 800 métiers sont en action. La teinturerie, l’apprêt et le tissage travaillent normalement. Les entrepreneurs et le personnel réembauché ont fourni un effort intensif.

 

En 1935, la production atteint son plus haut niveau avec 1.125 personnes. Les fabrications sont variées : draperies de laine, tissus de robe, de manteau, des doublures. Dans un grand atelier appelé « Le Maroc »,  on tisse uniquement les doublures en rayonne.

 

L’apprêt et la teinture avaient subi le rythme des agrandissements. Un magasin de « vente sur place » est ouvert à la population locale. On y trouve les nouveautés et comme à cette époque, il y a beaucoup de tailleurs et de couturières, on se fait confectionner ses vêtements sur mesure.

 

Entre 1950 et 1960, un atelier de maille appelé « Texma » s’ouvre avec des machines ultra-modernes. Les premiers métiers automatiques sont également remplacés par des métiers plus performants.

 

L’usine Sion, dont le siège social est à Roubaix, emploie, sur la totalité de son effectif, 500 frontaliers et le personnel féminin représente plus de 50 %. La surface couverte  de l’entreprise est de 30 000 m2 !...

 

Peu à peu des changements dans les fabrications et la modernisation réduisent le personnel. Beaucoup de belges quittent l’entreprise. Ceux qui partent en retraite ne sont plus remplacés. En 1960, on compte plus de 50 médaillés qui ont 30, 40 ans et plus, d’années de présence.

 

Les plus anciens reçoivent en cadeau : une montre en or pour les hommes, une horloge sous globe pour les femmes (on peut encore en admirer certaines sur la cheminée des anciennes retraitées de chez Sion). Parmi eux, Henri Delannoy qui travailla plus de 60 ans fut honoré, à ce titre, de la médaille de l’Ordre National du Mérite.

 

 Pendant toute cette période les grands conflits n'ont pas manqué pour que le savoir-faire de chacun soit reconnu à sa juste valeur, et permettre de mieux vivre. Les anciens s'en souviennent comme d'une époque de grande intensité de lutte sociale : 

En 1967, l'usine Sion fête son centenaire.

Avec la disparition des usines Lorthiois, Defretin, Sion, l'industrie textile halluinoise périclite.

En 1970, c'est la fusion avec la Société Leclercq-Dupire sous l'appellation "Soparlaine". Une partie du matériel est transférée à l'usine de Wattrelos, une autre est vendue comme matériel d'occasion.

En 1972, seul  reste le département "maille" qui est ensuite transféré aux Ets PENICAUD dans l'Aisne. Certains membres du personnel ont suivi, pour d'autres ce fut une période difficile.

C'était la fin d'un long compagnonnage pour une grande partie de la population qui remplissait aux heures de pointe toutes les rues de la ville. Les gens marchaient d'un pas toujours rapide, sachant que la soupe était déjà versée pour ne pas perdre de temps au repas de midi. Matin, midi et soir, on était à l'écoute d'un sifflet dont les multiples appels n'échappaient à personne.

Le sifflet, cette fois, se taisait définitivement. Une grande entreprise halluinoise fermait ses portes en 1979.

 

8/2/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse 

 

00743

Occupation d'usine, aux Ets Sion, en 1935.
 Sur cette photo : Jeanne Deleu, Emma Dejaeghère, Agnès Lepoutre,
Emilienne Dewailly, Agnès Debaele,Hélène Berthem, Jeanne Libert,
 Zulma Vercruysse, Gabrielle Vervaecke, Irène Vandewogel,
Henri Verminck, Auguste Bouba.
(Photo n° 743) 
 

« HALLUIN LA ROUGE »,

une Thèse écrite par Michel Hastings. 

 

« Halluin-la-Rouge  : 1919-1939 » : c’est le titre d’une thèse de doctorat soutenue (avec succès) par Michel Hastings. Six années de travail et un passionnant document de 1.000 pages qui pèse… cinq kilos pour une « petite tâche rouge » !

 

C’est en avril 1988, à la Faculté des Sciences juridiques politiques et sociales de Villeneuve, que Michel Hastings, chercheur au Centre de recherches administratives, politiques et sociales (CRAPS)  a soutenu sa thèse de Doctorat d’Etat. 

La réussite était au rendez-vous puisque l’auteur a obtenu la mention « très honorable ». Avec un petit record à la clé : le dialogue entre Michel Hastings et les membres du jury dura… cinq bonnes heures !

 

A l’évidence, le jury était aussi passionné que le candidat. Il poussa même la conscience professionnelle jusqu’à aller visiter Halluin en cette fin du mois d’avril. Ce jury était composé de M. Maurice Agulhon, professeur du collège de France ; Mme Annic Kriegel, professeur à l’Université de Paris X ; M. Georges Lavau, professeur à l’Institut d’Etudes politiques de Paris ; M. Marc Sadoun, professeur à l’université de Lille II et M. Christian Marie Wallon Leducq, maître de conférences à l’Université de Lille II.

 

Dans le courant de cette année 1988, les passionnés d’histoire locale (et ils sont nombreux) peuvent se frotter les mains : ils auront la possibilité de se plonger dans un extraordinaire ouvrage consacré à la non moins extraordinaire période d’entre les deux guerres pendant laquelle les communistes dirigèrent la vie politique halluinoise.

 

Extraordinaire doit ici être pris au sens premier car comment qualifier autrement cet « Halluin la Rouge 1919- 1939 : aspects d’un communisme identitaire, singularités écologiques et stratégies d’implantation » que son auteur, Michel Hastings a accepté de venir nous présenter au lendemain d’une soutenance de thèse qui dura… cinq heures.

 

Quelques chiffres suffiront à vous convaincre. Partant pratiquement du néant (une simple tache rouge remarquée sur les anciennes cartes électorales de la France », Michel Hastings a travaillé six ans sur le sujet. Archives, statistiques, témoignages, réflexion personnelle et au bout du compte quatre épais volumes affichant la bagatelle de 1.000 pages et le respectable poids de cinq kilos !

 

« Ce qui m’a intéressé, explique Michel Hastings, qui n’avoue avoir aucun lien particulier avec Halluin (il est né au Canada !) c’est de comprendre comment une petite ville d’apparence anodine est devenue cette « Halluin la Rouge » dont on parlait… jusqu’à Moscou ! Savez-vous que l’Humanité a traduit nombre d’articles de la Pravda dans lesquels Halluin était glorifiée ? ».

 

Inimaginable de nos jours.

 

Michel Hastings ayant eu besoin de 1.000 pages pour répondre à la question qui le chiffonnait, nous n’aurons pas la  prétention de résumer sa thèse en quelques lignes « il faut bien comprendre, précise-t-il d’ailleurs d’emblée, qu’il s’agit d’un travail de sciences politiques et non pas d’un récit historique où fourmilleraient les anecdotes savoureuses ou inédites ».

 

N’allez pourtant pas imaginer Michel Hastings sous les traits d’un vieil universitaire à longue barbe employant un vocabulaire inaccessible au commun des mortels. Si son ouvrage est d’un haut niveau (on ne devient pas Docteur d’Etat d’un coup de baguette magique), ce jeune chercheur… de 30 ans seulement s’est visiblement plongé avec délectation dans la réalité d’une époque pas si éloignée que cela. Il vous en parlerait des jours entiers !

 

Et quoi qu’il en dise, les quatre volumes de sa thèse recèlent des documents étonnants. 

Les générations qui n’ont pas connu la première moitié de ce siècle y découvriront une « ambiance » quasi inimaginable aujourd’hui et issue d’une situation que Michel Hastings rappelle avec le souci d’une extrême précision :

 

« En 1886, 78 % des Halluinois sont des Flamands et 98,4 % des ouvriers de l’industrie travaillent dans le textile ». Notons ici, en aparté, que 50 % des commerces de détail sont alors… des cafés !

 

1923 : pas un jour sans grève !

 

On comprend mieux qu’un peu plus tard, un commissaire de police (leurs rapports sont forts instructifs) se plaignait en ces termes au préfet : « Je vous serais très obligé de vouloir bien me faire connaître votre avis sur la question suivante qui me cause un assez vif embarras. Dois-je tolérer que les orateurs emploient au cours des réunions publiques la langue flamande que je ne comprends pas ? ».

 

Et que dire que ces chiffres époustouflants que Michel Hastings a sorti des archives au sujet des grèves à Halluin la Rouge : « Sans prendre position, on peut comprendre le ras-le-bol des patrons, explique-t-il en souriant, quand on sait, tenez-vous bien qu’en 1923, il ne se passera pas une seule journée sans qu’une fraction de la communauté ouvrière ne soit en grève… ».

 

C’était au temps d’Halluin la Rouge, « La Mecque du communisme dans le Nord » : une véritable épopée marquée par des conflits syndicaux quasiment ininterrompus mais aussi par d’incroyables festivités organisées par la municipalité. Comme ces « fausses » et grandioses funérailles de Désiré Ley, le secrétaire général du Consortium patronal le 9 mars 1924.

 

Un film de cette parodie funèbre a été tourné et telle une relique, il a été remis… aux ouvriers textiles de Bakou,en Union Soviétique !

 

On vous le redit, le travail de Michel Hastings est ex-tra-or-di-nai-re !

 

8/2/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse