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André Degryse, Adrien Drouart, Jean Verkindère, Samuel Myngers,

Joseph Ampe (Scout, assis 1er à droite),

moniteurs de patronage, vers 1941/1942.

 (photo n° 1208)  

 

 Joseph Ampe  Chirurgien et Professeur Honoraire

à la Faculté Libre de Médecine de Lille (1927 – 1997). 

 

Le Docteur Joseph Ampe est décédé à Coxyde (Belgique) le 25 janvier 1997, à l’âge de 69 ans. Domicilié à Lambersart (Nord), il était originaire d’Halluin et il avait effectué tout son parcours médical à la faculté libre de médecine de Lille. 

La foule qui se pressait aux funérailles du professeur Joseph Ampe en l’église Saint-Hilaire d’Halluin, ce 31 janvier 1997, signifiait mieux que de longs discours, l’estime, la reconnaissance et l’affection que lui portaient non seulement les membres de sa nombreuse famille, mais ses amis, ses collègues et confrères, médecins de ville, hospitaliers, universitaires, et sans doute nombre de patients qui avaient bénéficié de ses talents opératoires.

Avant même son internat obtenu en 1951, il avait choisi la voie chirurgicale. S’il dut l’essentiel de sa formation au professeur Desbonnets, qu’il côtoya pendant vingt ans, comme externe, puis comme interne et assistant, jusqu’à réaliser une collaboration parfaitement confiante, voire amicale, il reçut aussi des compléments précieux de la part du professeur Desorgher dans le service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Saint-Antoine pendant sept années. 

Une fois acquise sa qualification de chirurgien, en 1961, il commença à se constituer une clientèle personnelle, opérant à Linselles, à Bailleul, à Tourcoing, ainsi que dans le service de chirurgie de l’hôpital d’Haubourdin en 1964-1965. Mais l’essentiel de son activité se déroula à l’hôpital Saint-Philibert et, en privé, à la clinique Saint-Camille et surtout à la clinique Saint-Raphaël.

 

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  Joseph Ampe

(1927 - 1997)

(Photo 8613  n° Img 497)

 

Agrégé de chirurgie générale à la faculté libre de médecine en 1968, il s’orienta de plus en plus vers la chirurgie viscérale, et en 1977, nommé professeur titulaire, il lui fut confié la responsabilité du service de chirurgie digestive et thoracique du nouvel hôpital Saint-Philibert. Il sut y créer, en collaboration avec les professeurs Crinquette d’une part, Becquet, puis Filoche d’autre part, un véritable département médico-chirurgical d’une remarquable efficacité.

Il y contribua à la formation de plusieurs jeunes chirurgiens, devenus depuis professeurs, Denis Cordonnier, Dominique Théry, Paul Puppinck et surtout Bruno Desrousseaux, qui devait lui succéder au moment de son départ à la retraite, le 31 octobre 1992… après avoir opéré une dernière fois, à l’occasion d’une garde. 

Il sut aussi se montrer ouvert à l’innovation, puisqu’il soutint les efforts de son jeune assistant, B. Desrousseaux dans le développement de la chirurgie « à ventre fermé », au point que son service fut reconnu comme formateur pour cette technique au niveau national.

Comme tout bon chirurgien, Joseph Ampe était un homme de décision rapide, tout retard pouvant avoir des conséquences graves sur une table d’opération. Il fit preuve de la même aptitude dans les autres domaines où il exerça une responsabilité, notamment à la tête de la commission médicale d’établissement du centre hospitalier Saint-Philibert. 

Mais c’était aussi un modérateur avisé dans les moments de crise, préférant toujours rencontrer les personnes et leur parler plutôt que d’écrire en des termes qui pourraient apparaître maladroits et risquer ainsi d’envenimer les conflits plutôt que les apaiser.

Artiste en chirurgie, homme de décision, conciliateur et malgré tout d’une extrême modestie, Joseph Ampe avait un cœur. Il était attaché à ses collaborateurs ; il s’intéressait à eux, à leur vie, à leurs difficultés. De la même façon, il a aimé ses malades, refusant qu’ils quittent son service sans qu’il soit entièrement rassuré sur leur état de santé. Ce n’est pas pour lui qu’il a travaillé, mais pour les autres, au service desquels il a mis ses talents. Il s’est volontairement effacé, se renonçant à lui-même, devant la souffrance humaine qu’il s’était fait un devoir de soulager.

Il quitta ses fonctions hospitalo-universitaires et son activité chirurgicale fin 1992, « avec peine et regret qui traduisent la rupture et son profond attachement à notre institution », pour reprendre ses propres termes, mais en exprimant « l’immense satisfaction, non pas du devoir accompli, mais de ne laisser derrière lui aucun vide… ». 

Pourtant, il l’avait accompli son devoir de soignant et d’enseignant, et il nous laisse en ces domaines un bel exemple à suivre.

A son épouse, qui a partagé les joies mais aussi les angoisses de sa profession, et connu de ce fait bien des moments de solitude, à ses enfants et en particulier à Patrick, qui a repris le flambeau de la médecine, la faculté, le groupe hospitalier et l’université toute entière adressent leurs sentiments de reconnaissance et de profonde sympathie.

 Jean Leroux, directeur général du Groupe

hospitalier de l’Institut catholique de Lille,

et Bruno Desrousseaux, chef du service de

chirurgie digestive et thoracique à l’hôpital

Saint-Philibert de Lomme.

   

 

Lors des Funérailles, Hommage du Professeur Desrousseaux

de la Faculté Libre de Lille, à Madame Joseph Ampe -Delafosse.

 

 Madame, 

La Faculté se devait d’être présente ce jour pour rendre hommage à l’un des siens, le Professeur Joseph Ampe.

 

J’ai eu le privilège d’être un de ses élèves qu’il a formé pour lui succéder. J’ai passé 15 années dans son service, d’Avril 1977 au 31 octobre 1992, date à laquelle il a pris sa retraite après avoir opéré, en garde, et pour la dernière fois.

Pendant 15 ans, je l’ai aidé, au sens aide opératoire du terme. Il s’est établi, au fil de ces années, une telle complicité dans le travail que j’espère un jour pouvoir en faire bénéficier un jeune chirurgien.

Monsieur le Professeur Ampe a été nommé interne en 1951, puis Chef de Clinique Assistant en 1958 et Professeur agrégé en 1968. C’est à cette date que je le rencontrais pour la première fois. Il devait opérer un patient porteur d’un cancer de l’œsophage. J’étais jeune externe à l’époque. J’ai gardé de cette rencontre un souvenir impressionnant. 

Drôle de hasard : 19 ans plus tard en 1987, je présentais mon mémoire d’agrégation sur le cancer de l’œsophage, soutenu par mon maître qui venait d’avoir son premier agrégé.

Monsieur Ampe a été nommé Agrégé de Chirurgie Générale, c’est-à-dire une chirurgie qui à l’époque, concernait toutes les spécialités chirurgicales, mais qui était et reste encore la base de la formation des chirurgiens spécialisés. 

Tout en continuant à soigner les malades et non pas seulement leur maladie, il a su orienter son activité et celle de ses élèves vers une chirurgie spécifique dont la concrétisation a été la création de son service de Chirurgie Digestive et thoracique dans lequel je fus nommé Chef de Clinique Assistant. 

Certains de ses élèves se sont orientés vers une autre spécialité chirurgicale ; mais ils conservent, j’en suis sûr, l’empreinte d’un patron omniprésent, pour le bien des patients dont il avait la charge.  Je ne pense pas que Denis Cordonnier, Dominique Théry et Paup Puppinck me contrediront. 

J’ai vécu à l’hôpital cette omniprésence, même quand son activité l’emmenait hors de Lille, à  Tourcoing, Linselles, Bailleul en plus de St Raphaël, St Camille et St Philibert.

Je conserverai, Madame, le souvenir d’un maître attentif aux moindres détails pour que les soins prodigués à ses malades soient les meilleurs possibles. 

L’aspect universitaire de son caractère est apparu clairement quand il a laissé ses collaborateurs développer de nouvelles techniques. Avec le Docteur Issam Atat, il nous a soutenu et encouragé pour mettre en place la coelioscopie et pour faire reconnaître son service comme formateur en France pour cette technique. 

Nous luis devons également Bernard Filoche et moi d’avoir établi les bases du Département d’Hépato Gastro-Entérologie médico-chirurgical quand il décida, avec le Professeur Becquet, de travailler en symbiose, comme ils aimaient le dire.

Au nom de la Faculté, de son doyen le Professeur Jacques Cousin, des Professeurs et enseignants, des étudiants et de tout le personnel administratif, je tiens à rendre hommage à un grand chirurgien et à vous assurer, Madame, de toute notre sympathie et de nos remerciements pour avoir été à ses côtés, lui permettant ainsi d’être un grand patron.

                                                                                                                                                                                                       Merci Madame.

 

 

Voir aussi... cliquez ci-dessous : 

Mme Veuve Joseph Ampe née Thérèse Delafosse (1926 - 2012).

Cercle St Joseph d'Halluin (Joseph Ampe président du Cercle Saint-Joseph).

1900 : Premiers sportifs halluinois (Joseph Ampe P. ou la fibre halluinoise).

8/5/2011

Commentaire et Photos :  ARPH - Daniel Delafosse