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Haltérophilie-culturisme

 

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La section Union Halluinoise Haltérophilie - Culturisme

et le Comité Directeur, vers les années 1950 :

Assis au 1er rang de g. à d. : Jacques Delafosse, X, Bigan, Jean Nolf,

Roger Delet, Jules Dutilleul, Michel Desmarescaux.

Parmi les Athlètes : Albert Bourgeois, Gérard Debreuck, Michel Delafosse,

Gérard Gryson, Daniel Tiberghien, Ghislain Wittouck, André Richart,

Richard et Denis Delbecque, Raymond Verpoort, Gervais Subts.

2ème rang debout au centre : Jean Debuf et André Dochy.

(photo n° 4227)

 

L’Halluinois Roger Delet Médaillé d’Or

de la Jeunesse et des Sports. 

 

Roger Delet, 85 ans, a reçu vendredi  18 septembre 1998, à la mairie d’Halluin, la médaille d’or de la Jeunesse et des sports. Cette récompense lui a été décernée autant pour son parcours sportif que pour son action dans le club de musculation et de force athlétique d’Halluin où il fut secrétaire pendant quarante-cinq ans !

 

De nombreuses figures de la vie sportive halluinoise étaient présentes. Le maire d’Halluin Alexandre Faidherbe épingla la fameuse médaille sur la veste de M. Delet.

 

Le récipiendaire tint justement à remercier M. Nolf aujourd’hui décédé et M. Duthilleul,  qui ont fait également beaucoup pour le club et qui ont permis, pour l’anecdote, la venue de champions du monde américains d’haltérophilie, à l’époque où les jeunes citoyens américains faisaient encore leur service militaire en Allemagne.

 

Quelques jours avant de recevoir cette distinction, cet halluinois, modeste, né le 14 février 1913 à Lompret, recevait la presse locale et livrait au détour de la conversation des bribes de sa vie.

 

Des extenseurs accrochés à l’encadrement de la porte du salon, un banc de musculation, des massues en bois, des haltères dans une pièce attenante : vous êtes chez un octogénaire. Roger Delet, dans son appartement de la rue du Cardinal Liénart, meublé du minimum, conserve cependant ses appareils de musculation.

 

C’est un peu son secret de jouvence… « Quand j’avais seize ans, je mesurais déjà 1,88 m en 1929, ce n’était pas courant. Comme je ne pesais que soixante kilos, le médecin m’a dit que le meilleur moyen de me soigner ce n’était pas les médicaments, mais la pratique d’un sport. Le sport, à l’époque, c’était surtout la culture physique… ».

 

Le jeune homme fréquente alors le club de boxe d’Armentières. Ce ne sont pas les combats qui l’intéressent mais les entraînements. Il pratique la culture physique pour s’étoffer. En 1933 et 1934, Roger Delet est sociétaire et secrétaire du club armentiérois d’haltérophilie.

 

 Lorsqu’il arrive au service militaire, sa taille imposante et son poids (il approche maintenant les 90 kg) le conduisent à pratiquer la lutte. Le service terminé, Roger Delet se passionne pour ce sport et le pratique en compétition. Il entre au club de Bailleul,  Il devient même champion des Flandres, , il est 2ème au championnat  du Nord, catégorie poids lourds, derrière un polonais Stanis Drymala dont il retrouva le petit-fils beaucoup plus tard dans un commerce halluinois.

 

Sélectionné au tournoi triangulaire Nord-Alsace-Auvergne, le 16 février 1936 à Mulhouse, comptant comme éliminatoires aux championnats de France, il est battu sur blessure et ne peut malheureusement pas concourir au plus haut niveau.

 

Ayant fondé la même année un club de lutte à Armentières, il entre ensuite au club d’haltérophilie Decottignies à Comines, et  il est sélectionné pour les Jeux Olympiques. 

Parallèlement, il continue de pratiquer la lutte au gymnase Ovin rue de Wazemmes à Lille.

  

A l’âge de 17 ans, le bac en poche, le jeune homme envisage de devenir fonctionnaire. Mais les concours administratifs ne peuvent être tentés avant l’âge de 18 ans. Il travaille alors dans le privé pour les assurances sociales du comité interprofessionnel textile, ancêtres de la sécurité sociale, à Quesnoy-sur-Deûle, notamment. Le ministre des Finance Antoine Pinay supprime les concours pour un temps. Roger ne devient fonctionnaire qu’après son service national, le 16 juillet 1937, puis il est muté à Dunkerque en janvier 1939.

 

Le service militaire fut pour lui plus long que la normale : seize mois au lieu de douze. Nous sommes en 1936 et la menace d’Adof Hitler déjà se fait sentir. Roger Delet sert dans les transmissions. Radio-télégraphiste, il manie le morse avec dextérité et a même gagné des concours de « pianotage » durant la guerre.

 

Champion de morse

 

Sous-officier de réserve, il enseigne le morse alors qu’il travaille à Dunkerque au service des impôts. Il continue à pratiquer la lutte, et en 1939 il devient sociétaire du club haltérophile de Rosendael. Sur sa lancée, Il découvre même la yole de mer ; on a justement besoin d’un grand gars costaud au Sporting club de Dunkerque. Roger est partant. Il donne ses premiers coups de rame au Sporting Club Dunkerquois.

 

La guerre arrive. Roger Delet est mobilisé de septembre 1939 à juillet 940, et se retrouve à Neufchâteau, puis à Angoulême où son régiment fusionne avec le 87e bataillon d’infanterie d’Afrique. Maréchal des Logis chargé des transmissions en morse, il participe à la bataille de France depuis les Vosges jusque dans l’Indre en passant par Fontainebleau . Démobilisé, il retrouve sa fonction à Dunkerque, et début 1944, est de nouveau muté, à Armentières et à Lille en 1945, où il retrouve le gymnase de la  rue de Wazemmes..

 

Un jour, un prêtre le demande ; il est très étonné. C’est l’abbé René Bonpain qui avait repéré ses qualités de radio-télégraphiste. Cette figure de la Résistance lui demande quelques coups de main pour transmettre des messages à Londres. Roger Delet qui ne sait pas dire non, accepte.

 

Mais il n’aime pas trop en parler aujourd’hui et préfère rester discret. Ce passé remue trop de souvenirs. Pourtant on connaît la place de l’Abbé Bonpain à Halluin, mais sait-on qu’elle porte le nom d’un héros de la Résistance qui fut fusillé au fort de Bondues sous le n° ‘…

 

Quarante-cinq au club d’Halluin

 

Après la guerre, Roger Delet est nommé sur le secteur de Tourcoing. Il trouve un appartement à Halluin et fréquente le club halluinois de musculation et de force athlétique. En 1949, on lui demande d’être secrétaire du club « Ce n’est pas trop prenant ? «  Rassuré, Roger accepte et en prend pour… quarante-cinq ans !

 

A l’époque où le club s’appelait l’Union halluinoise, section haltérophilie, il côtoie à ses débuts Jean Debuf, quatre fois sélectionné olympique et médaillé de bronze en 1956 à Melbourne, ainsi qu’André Dochy champion de France d’haltérophilie, catégorie moyens, en 1951 et 1955.

 

Des centaines de jeunes fréquentent la salle. Ils apprécient les conseils de Roger Delet qui est à la fois conseiller technique et entraîneur. Son expérience lui vient d’un médecin parisien, spécialiste du sport qui lui a donné le secret d’une alimentation  saine et équilibrée, et d’une bonne hygiène de vie.

 

Ce secret de jouvence lui permet, à l’âge de 85 ans, de recevoir la médaille d’or de la Jeunesse et des sports ; le bronze lui a été décerné en 1961 et l’argent en 1989.

 

M. Roger Delet est décédé à Comines (Nord) le 17 Février 2001.  

 

 Jean Nolf pharmacien

et président de l’Haltérophilie Halluinoise. 

 

En décembre 1983, Il y a vingt-huit ans, la population halluinoise était profondément peinée en apprenant le décès de M. Jean Nolf qui s’éteignait dans sa 63ème année, après avoir lutté courageusement contre une longue et pénible maladie.

 

Installé dans son officine à l’angle des rues G. Péri et de la Pannerie, depuis la Libération, M. Nolf se fit rapidement apprécier, comme pharmacien bien sûr, mais aussi pour ses qualités humaines. 

Ses services rendus, tant sur le plan professionnel que sportif sont incommensurables.

 

Simple et accueillant, il savait conseiller, mettre le malade à l’aise. Combien de fois fut-il dérangé la nuit par « les braves gens » comme il avait coutume de dire ? Jamais il ne se départit de son petit sourire en coin, et de sa gentillesse. 

Son plus grand désir était de satisfaire, de rassurer les personnes parfois inquiètes qui lui accordaient toute leur confiance, une qualité réciproque d’ailleurs.

 

Sa disparition fut vivement ressentie également dans le monde haltérophile. Il fut en effet l’heureux président actif de la florissante section de l’Union Halluinoise, qui connut dans ses rangs des champions comme Jean Debuf, André Dochy et autres.

 

Cheville ouvrière des grandes manifestations de 1950 à 1952 qui firent regorger la salle du Manège grâce à la présence des plus grands internationaux américains, M. Jean Nolf était depuis quelques années président d’honneur de la section culturiste.

 

Il laissera le souvenir impérissable d’un homme foncièrement bon.

  

20/5/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

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 Jean Debuf.

Un Palmarès impressionnant.

 (photo n° 258)

 

Jean Debuf, ancien haltérophile Halluinois,

Champion de France - d'Europe - Sélectionné Olympique.

 

Si Jean Debuf est natif de Bousbecque (Nord), ville voisine d’Halluin, il fut aussi, durant son exceptionnelle carrière, licencié au club d’haltérophile halluinois, avant de partir à Lille, puis entraîneur à Comines (Nord). Celui que l’on surnommait le « Hercule de la Vallée de la Lys » a été le grand monsieur de l’haltérophilie française de 1948 à 1960.

 

Son palmarès est impressionnant :

 

- Quinze titres de champion de France. 

- Deux médailles d’or aux Jeux méditerranéens (1951, 1955). 

- Trois victoires aux championnats d’Europe, catégorie mi-lourds, (1949, 1951, 1956). 

- Trois sélections aux championnats du Monde ( 2ème en 1949 à La Haye et en 1951 à Milan, 1954).

- Quatre participations aux Jeux olympiques : 4ème en 1948 à Londres, 5ème en 1952 à Helsinki, 3ème et Médaille de Bronze en 1956 à Melbourne, qualifié en 1960 à Rome.

 

Aussi, ils ne sont pas bien nombreux, les athlètes qui peuvent se vanter d’avoir inauguré de leur vivant, une salle portant leur nom.

 

Depuis le 11 septembre 1993, Bousbecque (Nord) a en effet immortalisé dans la pierre son plus célèbre enfant. 

A Wattignies (Nord), une salle de musculation porte également son nom.

 

Né à Bousbecque (Nord) le 31 mai 1924, Jean Debuf est l’aîné d’une famille ouvrière de sept enfants.

 

« Il n’y avait pas d’électricité à la maison. Pour faire sa toilette, on tirait de l’eau à la cour, raconte-il. Les conditions de vie sont rudes, mais Jean est grand et robuste. Un de ses camarades voit en lui un athlète et le pousse à pratiquer la culture physique. « Il voulait être professeur de gym et souhaitait que je sois son élève pour tester une nouvelle méthode », se souvient-il.

 

Par jeu, il accepte. « J’ai vite accroché » ajoute Jean qui s’impose un entraînement spartiate : « Je me levais tous les jours à cinq heures, je poussais les lits de mes deux frères et j’ouvrais la fenêtre en grand pour bien respirer pendant mes exercices ».  

Soulever des poids lui fait oublier les soucis de la vie, plus difficile suite au décès de son père en 1936. Jean a alors douze ans. « J’étais devenu un fanatique de culture physique » se souvient-il. Consciemment ou non, il se prépare à échapper à sa condition. 

 

Comme il n’avait pas de diplôme et qu’il devait travailler très tôt, sa détermination à vouloir s’en sortir par le sport lui vient très vite. « A 14 ans, je travaillais dans une filature à Tourcoing et je n’allais pas y rester toute ma vie », dit-il.

 

Jean Debuf se met donc à la culture physique avec comme modèle Charles Rigoulot champion du monde d’haltérophilie. Triple champion des Flandres minime (vitesse, hauteur et longueur), il abandonne cependant l’athlétisme, pour se consacrer pleinement à son sport de prédilection, l’haltérophilie. 

Après la difficile période de l’occupation, Jean entre dans les Trente Glorieuses, toujours avec l’envie de « sortir de l’ordinaire ». Il reprend d’arrache-pied ses entraînements et sort de l’ombre en 1948.

 

Et c’est au club d’Halluin qu’il se forgera son avenir. Un choix judicieux puisque, sous les couleurs de l’Union halluinoise à partir de 1944, il entamera un règne sans partage sur la France, avec notamment quinze titres nationaux , mais aussi trois fois champion d’Europe et deux fois vice-champion du monde.

 

C’est l’occasion de rappeler, que l’année 1951 fut exceptionnelle pour les couleurs du club d’haltérophile d’Halluin puisque les deux copains d’entraînement devenaient champion de France, dans deux catégories différentes, moyens pour André Dochy  et mi-lourds pour Jean Debuf.

 

Cet élogieux palmarès était dû aussi au dévouement inlassable du Président du club halluinois Jean Nolf et de l’entraîneur Jules Dutilleul professeur d’éducation physique compétent et dévoué.

 

Cet « Hercule aux gestes de danseur » sacré plus bel athlète de France en août 1950 à Nice, fut distingué également  par un premier prix du meilleur style du Monde en 1949.

 

Des dispositions et un entraînement sans relâche mènent aussi Jean Debuf à une première sélection olympique pour les jeux de Londres en 1948 « Je suis 4ème, mais aller aux JO, c’était déjà extraordinaire ».

 

Il deviendra l’un des rares sportifs français à avoir participé à quatre Jeux olympiques. Il y aura successivement ceux d’Helsinki, de Melbourne et de Rome, alternant avec les championnats du monde à Milan, La Haye et Vienne. Avec les Raymond Herbaux et Rof Maier comme copains de compétition.

 

Avec Mimoun aux J.O. de Melbourne (Australie).

 

« Ma plus belle année, c’est 1956 » se rappelle Jean Debuf. Il est le porte-drapeau de la délégation française aux JO de Melbourne où il remporte la médaille de bronze, en catégorie mi-lourds (entre 75 et 82 kg), venant récompenser le travail et la constance du « p’tit gars de Bousbecque ».

 

 Cette année-là, les Français ramenèrent quatorze médailles. Jean Debuf se souvient de la victoire de Mimoun au marathon (en 2 h 25) ; de la réception du président Coty à l’Elysée ; du podium, des discours et des cadeaux des religieuses Bernardines chez qui il était professeur d’éducation physique, boulevard Vauban ; ainsi que d’une lettre ministérielle qui le félicitait « pour sa victoire en course de vitesse ». Sans doute le cycliste français Rousseau fut-il salué comme champion haltérophile !

 

Jusqu’en 1960, Jean Debuf reste le maître incontesté de la discipline en France et à la reconnaissance de ses pairs à l’étranger. Pour parvenir à tous ces résultats, Jean s’entraîne quotidiennement, mais il passe aussi des qualifications pour enseigner le sport dans les écoles.

 

Licencié et un koala en peluche !

 

De quoi oublier les heures noires… sans pour autant effacer l’année de honte durant laquelle il fut contraint (« à en vomir !... ») de faire du catch pour nourrir sa famille… 

En effet, n’avait-il pas été remercié en cette année 1951 par l’administration pour cause d’absence, alors même qu’après son titre européen, il revenait des Jeux méditerranéens (la raison de son absence justement…) nanti d’une médaille d’Or ? !

 

Sans amertume, ni jalousie, Jean Debuf voit combien le sport et surtout l’haltérophilie, a changé en quarante ans. Après ce premier titre méditerranéen, on lui dit : « c’est très bien, bravo » mais ce mois-là l’administration qui l’employait ne lui donna pas sa paie de moniteur d’EPS : « Je n’ai rien pour vous, vous n’avez pas travaillé ».

 

Alors que l’haltérophilie lui fit connaître les voyages en 3ème classe et les dures fins de mois, Jean accepte donc une proposition pour devenir catcheur, « pour gagner ma vie, cela payait bien, mais j’avais horreur de cela ». 

 

Pendant un an il sillonne la France aux côtés du Comte de Monte Cristo, de Chéri Bibi, et d’autres acolytes de cordes. L’argent qu’il en tira ne lui donna jamais les grandes joies du sport dont il rêve encore la nuit.  

Il retrouve toutefois une place dans un pensionnat de jeunes filles à Lille.

 

Quant à sa médaille de bronze des J.O à Melbourne, celle-ci lui rapporta un petit ours koala en peluche. Et la considération générale.

 

« La tête et les jambes » avec Pierre Bellemare.

 

Par la suite, après avoir accepté la proposition d’un ami grossiste en volailles, dont il devient le représentant pour la région Nord, il s’installe ensuite à son compte sur Wattignies. Jean s’apprête à quitter les feux de la rampe.

 

Il les retrouve en 1968, lorsqu’on lui propose de participer au jeu télévisé de Pierre Bellemare « La tête et les jambes ».

 

L’historien Douillet fut « la tête » et lui, « les jambes » de cette émission très populaire « qui faisait baisser les recettes de cinéma, le jeudi soir ».  Son coéquipier parla histoire et les 155 kg de fonte qu’il souleva ce jour-là pour suppléer la défaillance de son partenaire valaient aussi leur pesant d’or… soit un million d’anciens francs. Une paille pour Jean Debuf qui n’a « jamais été aussi célèbre que ce jour-là », conclut-il encore aujourd’hui.

 

A plus de 70 ans, Jean Debuf était d’ailleurs resté un homme de défis. Qui lorgnait toujours sérieusement sur un titre qui lui faisait défaut : celui de champion du monde des vétérans ! 

En août 1996, lors d’un entretien pour la presse régionale, celui qui pourrait avoir la grosse tête et vivre au milieu des trophées qu’il a remportés se désignait encore à 72 ans comme « un petit Bousbecquois ».

 

Jean Debuf qui fit jouer « La Marseillaise » en montant sur les podiums du monde entier vit le plus simplement du monde avec son épouse dans un petit appartement de Logis-Métropole à la limite verdoyante de Lille et de Marcq-en-Baroeul. Il présentait au journaliste ses enfants, petits-enfants et arrière en photos sur les murs.

 

Par contre on ne trouve pratiquement pas de coupes, ni de photos glorieuses aux côtés des grands de ce monde. Droit dans sa vie, bien dans sa tête, il n’est pas de ceux qui vivent dans leur musée. Il y a belle lurette qu’il a donné ses trophées à ses enfants et petits-enfants. « La famille, ça vaut une médaille d’or »,  dit-il. 

 

Le samedi 29 Novembre 2008, une nouvelle salle de sports « Jean Debuf » fut inaugurée à Comines (Nord) en présence du médaillé de bronze à Melbourne.

 

Jean Debuf est décédé le 6 Octobre 2010.

 

16/5/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

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La remise des coupes aux champions André Dochy et Jean Debuf,

au retour des Jeux Olympiques d'Helsinski en 1952.

De gauche à droit : Raymond Lepers, Julien Verhaeghe, Marcel Bekaert,

Jules Dutilleul, André Dochy, Jean Debuf ,Kléber Bostoen.

(photo n° 66)

 

Le décès du « Hercule »

 de la Vallée de la Lys. 

 

L'haltérophilie est en deuil. Jean Debuf, 86 ans s'est éteint dans son sommeil dans la nuit de mardi à mercredi 6 octobre, des suites d'une longue maladie. Celui qui était surnommé l'Hercule de la vallée de la Lys va laisser un grand vide.

 

« C'est en allant le voir tirer que je me suis mis à l'haltérophilie, raconte Jean-Claude Defrance, le président du club d'haltérophilie Cominois. C'est un jour de grande tristesse, C'était un grand monsieur, pas seulement au niveau du sport ».

 

Un homme droit et fidèle qui va porter haut les couleurs de la France lors de différentes compétitions internationales. Il est récompensé par des titres européens chez les mi-lourds (1949, 1951 et 1956), par plusieurs titres de vice-champion du monde et par une médaille de bronze aux JO de Melbourne en 1956, où il fut porte-drapeau de la délégation tricolore.

 

Mais il gardera à jamais une cicatrice, quand l'administration refusa en 1951 de lui verser son salaire alors qu'il faisait retentir la Marseillaise. « C'est une plaie qui ne s'est jamais refermée, il en parlait souvent », raconte son ami de longue date Jean-Claude Defrance, qui conserve précieusement une photo de Jean Debuf reçue de ses mains quand il avait 13-14 ans. Une certaine rancune qui lui fera décliner la légion d'honneur.

 

« Il avait des qualités physiques et morales, il ne faisait pas les choses comme tout le monde », témoigne encore Jean-Claude Defrance, très ému de la disparation de son ami, qui a donné son nom à la salle d'haltérophilie cominoise.

 

Comme un symbole, au moment où disparaissait l'Hercule de la vallée de la Lys, son « fief cominois » où il s'entraînait avec Edmond Decottignies, devenait le second club d'haltérophilie de France. Comme un premier hommage à ce grand champion.

Les funérailles se déroulèrentle lundi 11 octobre 2010 en l'église Notre Dame de Pellevoisin à Lille.

 

17/5/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

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La section halluinoise de Lutte, Poids et Haltères, vers 1945/50.

Au dernier rang, 2ème à droite : Jean Debuf,

et devant lui à genoux : André Dochy.

(photo n° 2808)

 

Le Club d’Haltérophilie d’Halluin :

Historique de 1942 à 1956. 

 

 1942 : Fondation d’un club de Lutte, au stade de l’abattoir d’Halluin, par Jules Dutilleul, ancien champion de France de Lutte, qui forma de nombreux lutteurs, dont l’un d’eux Léon Vanassche devint champion de Belgique.

 

1943 : Arrivée au club d’André Dochy (âgé de 15 ans), d’Augustin D’Halluin et d’Urbain Brouckart qui vont développer l’haltérophilie.

 

Suite à un incendie, transfert du club dans l’usine du Molinel, qui deviendra par la suite le centre d’apprentissage du textile, qui fut démoli pour laisser place, en 2007, à des nouveaux appartements, rue du Cardinal Liénart.

 

1944 : Arrivée de Jean Debuf, transfert du club dans une salle de classe de l’école de la Rouge Porte prêtée au club par le directeur de l’école M. Guilbert.

 

1945 : Jean Debuf devint champion de France junior (302 kg 500) catégorie mi-lourds.

 

1946 : Jean Debuf 1er du Critérium National (310 kg), Champion du Nord (312 kg 500 ), André Dochy 2e du championnat de France junior (290 kg) catégorie moyens.

 

Transfert à la salle du Manège où après l’entraînement aux haltères, on pouvait jouer au volley-ball avec l’entraîneur Jules Dutilleul.

 

Première fête au Manège (Lutte et Haltérophilie) grâce au prêt d’un ring de boxe par la ville de Menin (Belgique) ; le sol de la salle était encore en terre battue (pendant la guerre, la salle servait comme manège pour les chevaux) et les membres du club dont Daniel Debel et Marcel Decopman avaient dû chercher les chaises à la Maison du Peuple.

 

1947 : André Dochy Champion de France junior (302 Kg 500), Jean Debuf 2e en senior (325 kg) derrière Henri Ferrari.

 

1948 : André Dochy Champion de France junior (320 kg) puis il effectue son service militaire. Jean Debuf Champion de France senior (352 kg 500 ) et participe aux Jeux Olympiques de Londres où il termine 4e (370 kg).

 

1949 : Jean Debuf Champion de France puis Champion d’Europe à La Haye (382 kg). André Dochy est blessé. Le 30 octobre gala international d’Halluin avec les participants : Chaput, Soleilhac, Dochy, Debuf, Herbeauxet, Verheyen.

 

1950 : Jean Debuf Champion de France (375 kg), André Dochy 2ème au championnat de France puis 6ème au championnat du Monde à Paris. Jean Debuf est blessé.

 9 juillet  gala à la salle du Manège ave  Ferrari, Soleilhac, Dochy, Debuf, Herbeaux et Allar (champion de Belgique poids lourds).

 

1951 : André Dochy Champion de France (355 kg en moyens), Jean Debuf Champion de France (375 kg en mi-lourds) puis 1er  aux Jeux Méditerranéens à Alexandrie et 2èmeau championnat du Monde à Milan (392 kg 500) et Champion d’Europe. André Dochy 7ème au championnat du Monde en Italie (342 kg 500).

 

1952 : Jean Debuf Champion de France mi-lourds, André Dochy 2ème en moyens. Le 27 avril gala à Halluin, Jean Debuf bat les Hollandais et André Dochy bat le champion d’Europe Smeeckens.

 

 Le club halluinois conserve le challenge Meese. L’équipe était composée de : Kerkoff Richard, Delebeke, Dochy et Debuf. Au mois de mai, Jean Debuf et André  sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques d’Helsinki les 25, 26 et 27 juillet, où ils finiront respectivement 5ème en mi-lourds (400 kg) et 10e  (350 kg) en moyens.

 

Le 14 décembre, grand gala international à Halluin. Les participants sont : Tommy Kono (américain) Herbeaux (France) Ralph Maier, Erich, Debuf, Dochy, Mac Donald, Kerkoff et Elisabeth.

 

1953 : Jean Debuf Champion de France (380 kg) mi-lourds, André Dochy 2ème (347 kg 500) en moyens, Kerkhoff champion de Belgique en poids coqs et Bourgeois 4ème en mi-lourds.

 

1954 Jean Debuf Champion de France mi-lourds (400 kg),  André Dochy 2ème en moyens (355 kg), Kerkhoff Champion de Belgique (coqs) et Bourgeois 2ème en mi-lourds.

 

1955Jean Debuf Champion de France 410 kg (127 kg 5 – 127 kg 5 – 160 kg), André Dochy Champion de France 372 kg 500.

 

Le 14 décembre au Manège championnat de la section d’Halluin, sous les contrôle de Jules Dutilleul moniteur de la section et de MM. Nolf président, Hildevert Wancquet président de  l‘Union Halluinoise et Desmarécaux trésorier. Les participants étaient : Robert Valcke, Raymond Allaert, Soen, Yger, Vandamme, Denise Delebecque, Dubrais, Bourgeois, Tyberghein, Dochy et Debuf. ; sans oublier Aphonse Vanhof qui s’occupait du vestiaire.

 

1956 : Jean Debuf Champion de France, puis 3ème (Médaille de Bronze) aux Jeux Olympiques de Melbourne (Australie) et Porte-drapeau de la délégation française. André Dochy avait arrêté la compétition pour reprendre le commerce de son père malade.

 

Entretemps, Jean Debuf avait rejoint Herbeaux au club de Lille.

 

12/5/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 


 

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Haltérophilie : Développé et arraché à deux bras.

Exhibition Salle du Manège Halluin, en septembre 1943.

(photo n° 270)


 

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Quelques coupes du champion haltérophile Jean Debuf.

(photo n° 4228)


 

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Les haltérophiles halluinois vers 1950,

 à l'école de la Rouge-Porte.

(photo n° 4130)


 

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La section halluinoise Haltérophilie-Culturisme, vers 1945,

hébergée à l'école de la Rouge-Porte. 

au 1er rang de gauche à droite : Rodolphe Couke,Albert Lemans,

Daniel Debel, ?, Devrieses, ? , Vandekerkhove, ? ,

Simono, Hubert Gadeyne.

 Au 2ème rang : Arthur Wittouck, Maurice Viaene,

 ?, André Dochy,Augustin D'Halluin,

Gérard Debuf, Jean Debuf, Jules Dutilleul.

(photo n° 64)

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6 septembre 1952,

mariage André Dochy

(champion de France-haltérophilie)

et Marie-Louise Drouart.

(photo n° 275)